#TEMOIGNAGE01 : Maya : ma cicatrice, ma force !

Parce que le Girl Power Algérien est un blog dédié à toutes les femmes algériennes fortes, indépendantes et battantes, nous nous devions de faire entendre les voix de ces femmes et de les soutenir. Ces femmes ne sont pas juste des personnalités connues, ce sont vous nos chères lectrices, ce sont nous, ce sont nos mères, nos sœurs et elles sont partout. Nous avons donc décidé de lancer une rubrique « témoignages » pour vous donner la parole ou plus exactement vous offrir un espace où vous pourrez partager avec nous vos expériences personnelles et vos plus beaux combats de femmes.

Nous entamons cette série de témoignages avec celui de l’une de nos plus fidèles abonnées, une jeune femme de 22 ans seulement mais avec une force et une maturité que n’ont pas toutes les filles de son âge. Elle nous offre un texte bouleversant sur une partie de son vécu mais surtout une leçon pour tous et un message de tolérance, de force et de courage.

Très chère Maya, tu es une GIRL POWER ALGERIENNE et un exemple pour toutes !

« Il y a deux ans de cela,à 20 ans, j’avais quelques soucis de santé, occupée à  soigner ce qui n’allait pas je ne m’étais pas rendu compte qu’il y avait une boule de graisse qui se formait sous ma joue, au départ je pensais que c’était de l’acné, mais plus les jours passaient et plus la boule grossissait, j’attendais que sa passe mais rien, très inquiet mon père m’emmène chez son meilleur ami, un dermatologue, après avoir vue ce que j’avais il se met à me crier dessus, à me dire que si j’avais soigné mon acné je n’en serai pas là aujourd’hui, à la fin il finit par se calmer et me dire que cela rentrera dans l’ordre je lui demande si il n’y aura pas d’intervention à faire il me répond que non, il me prescrit un tas de médicaments, je suivie à la lettre ses instructions, mais la boule grossissait et devenait vraiment douloureuse, le copain à me père me dit que c’était parfaitement normal, j’ai pris mon mal en patience, les effets secondaires des médocs m’ont bousillé, je vomissais tout ce que je mangeais, j’avais constamment un mal de tête, j’étais devenu très maigre, je redoutais chaque repas et chaque moment où je devais prendre les médicaments qui en plus de tout étaient infectes, je me disais à chaque fois que ce n’étais pas grave, que l’horrible chose que j’avais sur mon visage devait disparaître, mon cauchemar était d’arriver à l’intervention, un jour le dermato vient chez moi pour voir si les choses s’amélioraient, mais non … Et il me dit qu’une opération était obligatoire et que cela allait me laisser une sacrée cicatrice sur le visage, j’étais effondrée je suis montée pleurer dans ma chambre non seulement pour ce qui m’attendait mais pour sa façon de me l’avoir “balancé” je me souviens que l’après midi même, j’étais allé rendre visite aux enfants malades à l’hôpital Mustapha, après leurs avoirs rendu visite je me rendis compte que je n’avais pas le droit de me plaindre ou de pleurer sur mon sort.

Ma mère a préféré avoir un deuxième avis médical et m’emmène chez un autre dermatologue, je découvre que ce que j’ai au visage est une tumeur bénigne Dieu merci et que je serai malheureusement bel et bien obligé  de passer par les mains du chirurgien, je m’y attendais un peu, mais je n’étais pas tellement inquiète sans compter qu’il m’avait tout expliquer de manière très rassurante, il me donne le numéro d’un très bon Maxilo faciale, je fais l’intervention, tout ce passe bien Dieu merci, je tiens à préciser que la cicatrice était sur ma joue pas très loin de ma bouche et qu’elle était assez grande et apparente, mais c’est pas grave, il y a tellement pire dans la vie, moi qui suis très douillette et qui ne supporte aucun mauvais changement en moi, j’étais bien décidé à ne pas me plaindre à ne plus pleuré et à me montrer courageuse, je me répétais constamment que ce n’était rien de grave, mais j’avais oublié que je vivais dans une société où l’on ne pouvait ni être accepté et ni s’accepter sois même, à commencer par certains membres de ma famille qui n’ont pas fait médecine et qui n’ont aucune pédagogie mais qui se sont permis de me dire que mon intervention était très mal faite et que la tumeur était toujours un peu présente, je me retenais pour ne pas extérioriser toute la colère que j’avais accumulés j’ai eu droit à des commentaires du genre ( ta cicatrice n’est pas esthétique, mon dieu le beau visage est désormais bousillé … Et j’en passe) inutile de préciser qu’à l’extérieur c’était pire, comme je ne cachais pas ma cicatrice avec un pansement ou autres, à chaque sortie c’était les regards choqués, effrayés il y a même des regards que je n’ai pas réussi à interpréter, mais j’étais constamment observée comme une bête curieuse  un extraterrestre, souvent dans les salles d’attentes on me demandait ce qui m’était arrivé, je comprenais leurs curiosité mais je supportais de moins en moins les regards, sans compter les remarques d’une jeunesse complètement frustrée (ya le9biha radjlek derbek… Ya l mafia … Wech Scarface… Mez3o9a o mbalafriya… Et j’en passe et 1 ans et demi après l’intervention j’y aie constamment droit.

Le plus marrant c’est qu’à l’étranger les gens ne s’en aperçoivent même pas si je n’évoque pas le sujet, je sais pas s’ils me font croire ça par gentillesse ou si c’est réellement le cas, mais comment se fait-il, que des étrangers cherchent à me rassurer à m’aider à ne pas perdre confiances en moi et que dans mon propre pays, les hommes cherchent constamment à me démoraliser à briser mon égo, après ça, je me suis rendu compte à Quel point le quotidien d’une personne obèse devait être dur, à quel point cela devait être difficile d’avoir un cancer et de pouvoir sortir sans perruque, que l’on soit gros maigre, beau moche, grand petit, noir ou blanc, malade ou en bonne santé, notre société n’épargne personne, ceux qui sont suffisamment lâches pour parler aussi méchamment à des personnes différentes d’eux, n’ont aucune conscience, ils oublient que cela pourrait leurs arriver à eux ou à des personnes qui comptent pour eux.

C’était mon cauchemar d’avoir une cicatrice sur le visage et  Dieu m’a mise face à mon cauchemar mais je n’en suis pas morte, le cauchemar c’est d’avoir une grave maladie et de ne pas pouvoir se soigner, de ne pas marcher, de ne pas bouger …. Tellement de personnes vivent un cauchemar au quotidien qu’avoir une cicatrice sur le visage ce n’est absolument rien à côté, j’en suis ressortie beaucoup plus forte et même beaucoup plus confiante, malgré les remarques, malgré les regards  je sens que mon égo est devenu indestructible, aucune remarque concernant mon apparence ne m’atteint, certaines personnes n’ont rien d’autre à faire à part s’occuper des gens et  ils sont vraiment à plaindre. »

everyonestory

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