Portraits de Moudjahidates

Que serait notre rubrique “Portrait” sans citer ces femmes, ces héroïnes qui ont tant donné pour la libération de l’Algérie.

Elles seraient au nombre de 10 949 selon le recensement officiel du nombre de femmes qui ont participé à la guerre d’indépendance Algérienne, répertoriées en 1973 par le ministère des Anciens combattants en Algérie.

A chacune d’elle un parcours exceptionnel, une histoire et un apport indéniable à l’histoire de l’Algérie.

Elles resteront à jamais gravées dans notre mémoire!

 

Hassiba Ben Bouali

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Hassiba Ben Bouali est née le 18 janvier 1938 à Chlef.
En 1947, ses parents s’installent à Alger où elle fait ses études secondaires au lycée Delacroix. Parallèlement à ses études, Hassiba Ben Bouali milite avec sa mère dans une association caritative, La tasse de lait, où elle prend conscience de la misère que subissent ses compatriotes.
Elle travaille bénévolement à l’hôpital Mustapha Bacha grâce au médecin de famille, le docteur Marchioni, un libéral qui avait compris le but de Hassiba. Elle y prend des cours de secourisme, qui vont lui permettre d’avoir accès à certain produits nécessaires à la confection des bombes : grâce à son apparence physique (blonde aux yeux clairs), elle passe inaperçue et peut faire sortir ces produits. Elle est enrôlée avec de jeunes étudiants, dans le « réseau des bombes » de Yacef Saadi situé à Birkhadem, où elle sera chargée d’alimenter le laboratoire, de transporter des bombes et même de les poser. La traque se referme sur le réseau qui est découvert, le propriétaire est arrêté. Hassiba doit entrer dans la clandestinité.
Le 8 octobre 1957, elle se trouve dans la Casbah, en compagnie d’Ali la Pointe, le Petit Omar et Hamid Bouhamidi, dans une maison que les parachutistes français encerclent et, devant leur refus de se rendre, font sauter.

La dernière lettre écrite par Hassiba Ben Bouali à ses parents en quatre pages, écrite de sa propre main est exposée au Musée public national d’art moderne et contemporain d’Alger.

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Cette lettre témoigne de la souffrance à laquelle la moudjahida a dû faire face mais surtout de son courage et de sa bonté. En voici un extrait :

«  Voilà près de 9 mois que nous n’avons pu communiquer. Je me faisais un mauvais sang de tous les diables […] C’est terrible comme la famille nous manque quand on est loin d’elle. Vous savez que je suis très recherchée ici à Alger, donc il m’est impossible de rien faire […] Nous avons eu des moments très difficiles et même maintenant ça ne marche pas comme sur des roulettes, mais enfin cela ne fait rien nous sommes pleins de bonne volonté et des frères meurent tous les jours pour conduire leur pays à la liberté. Aussi, ai-je décidé, enfin, qu’il est de mon devoir de partir au maquis où je sais que je pourrais servir comme infirmière ou même s’il le faut, et je l’espère de tout mon cœur, combattre les armes à la main […] Ne vous en faites, surtout pas pour moi, il faut penser aux petits qui vont bientôt reprendre l’école et qui j’espère travailleront bien […] Si je meurs, vous ne devez pas me pleurer, je serais morte heureuse, je vous le certifie. »

Ourida Meddad

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Ourida Meddad, défenestrée par les paras tortionnaires à l’école SARROUY le jeudi 29 août 1957 à vingt trois heures , à l’âge de seize (16) ans, fille unique d’une famille dont le père est originaire de Tigounatine, commune d’Akerrou, daïra d’Azeffoun, dans la willaya de Tizi ouzou.
Sa mère ne lui survécut que six mois, après sa mort, emportée par son immense chagrin, son père exprima le souhait de voir le prénom de sa fille Ourida perpétué dans sa famille les Meddad, il en fut ainsi dès la naissance de sa première nièce.

Il ne tarda pas, miné également par le chagrin, à les rejoindre à son tour au cimetière d’El Kettar à Alger, quelques années après.

 

Nassima Hablal

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Nassima Hablal, née en 1927, est Originaire de Mekla, commune natale d’Aissat Idir, elle fut l’une des premières battantes pour l’indépendance de l’Algérie, une quête qui ne pouvait se dissocier, pour elle, d’aspirations politiques et sociales. Engagée dès l’âge de 16 ans, elle fut l’une de ces 10949 pionnières engagées dans la lutte anticoloniale.
Au tout début de la Révolution, elle est en contact avec Abane Ramdane Amara Rachid puis Benyoucef Benkhedda et Aissat Idir . C’était la secrétaire du CCE . Elle s’occupa au début des travaux de propagande. Elle s’occupait des tracts qu’elle tapait au début chez elle et qu’elle allait tirer chez les Européens qui soutenaient le FLN, notamment dans des locaux du presbytère et chez les pères blancs à côté de Sidi Abderrahmane. Elle a assuré le secrétariat du CCE après le congrès de la Soummam.
Elle est arrêtée une première fois en avril 1955 sans que l’on trouve des éléments à charge, en raison de son adresse qui a été retrouvée sur Amara Rachid lors de son arrestation. Libérée, elle est permanente à l’UGTA où elle assurait la frappe du journal El Moudjahid.
Un documentaire réalisé par Nassima Guessoum intitulé “10 949 femmes” lui est consacré. Elle nous a quitté en 2013, une année avant la sortie de ce film.

 

Djamila Amrane-Minne

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Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est une Algérienne d’origine française, née le 13 août 1939 à Neuilly-sur-Seine.
Le samedi 26 janvier 1957, lors de la ’bataille d’Alger’, Djamila Amrane, alors âgée de 17 ans, participe à un triple attentat du FLN dans trois brasseries de la rue Michelet située dans le quartier européen. Elle pose sa bombe dans le bar Otomatic à Alger, tandis que deux autres jeunes filles déposent d’autres engins explosifs au Coq-Hardi et à La Cafeteria : ce sont Djamila Bouazza, âgée de 19 ans et Zoubida Fadila.

Djamila Amrane échappe à l’arrestation et gagne alors le maquis FLN. Elle sera arrêtée avec certains de ses camarades en novembre 1957.Condamnée le 4 décembre 1957 à sept ans de prison, incarcérée à la prison de Barberousse, transférée ensuite en France, Djamila Amrane est libérée en avril 1962 à Rennes et amnistiée en application des Accords d’Évian.
Après l’indépendance, elle devient historienne, enseigne et produit la première étude sur les femmes dans la guerre de libération.

 

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